8 janvier 2017

GRIS NOIR

Je rentrai dans cette chambre aux couleurs cramoisies et lumières tamisées et je fut saisi par l'intimité du lieu. Tout était là pour réchauffer l'atmosphère, tout était 'cosy' : les meubles de velours, la moquette épaisse, les moindres recoins tapissés de draps doux et moelleux. On aurait pu se coucher n'importe où, tout était d'une propreté et d'un confort extrême.

Elle m'enleva ma veste et me pris par le cou, je lui saisi le poignet et le bloquai derrière son dos avant de lui mordiller l'oreille jusqu'à la faire saigner. J'avais été surpris, je m'attendais pas à ça, une petite brune si calme, ni à ma réaction non plus. Dans un réflexe je la jetai sur le lit face contre terre, ça a eu l'air de l'exciter. Elle se retourna brusquement et m'invita à me rapprocher. "Vas y gifle moi" qu'elle a fait, alors que j'étais en train de déboutonner lentement son chemisier noir. Je me mis à l'embrasser avant de la gifler plusieurs fois d'affilée. Ses yeux coulaient le long de son visage. "Plus fort ! Plus fort !!".

Je pensais que c'était juste une de ses manies, certaines aiment se faire gifler, d'autres qu'on jouisse sur leurs seins, etc... Je pensais que c'était juste une manie. Mais au bout d'un moment elle ouvrit le tiroir en dessous de son lit et je compris : fouet, laisse, menottes, cordes... Tout était là.

Douceur et violence.
Je crois que j'aimais ça.

7 janvier 2017

POST MORTEM

Dés le début, j'ai senti que ça n'irait pas. Pourtant j'aurais du voir les signaux qui m'avaient été lancés, des annulations successives, des propos confus et puis aussi ce couple qui s'engueulait là devant moi, juste quand j'allais chez elle. Ce mec poursuivi par cette nana qui avait visiblement beaucoup de choses à se faire reprocher.
Pourtant j'ai fini par trouver cet escalier minuscule et je me suis mis à monter. J'arrivai au 7e, le cœur battant à cause de toutes ces marches et la curiosité aiguisée. La porte état ouverte et la fille de dos, faisant mine de chercher une chanson sur son iPhone qu'elle ne trouva jamais. J'avais connu des accueils plus chaleureux. La suite confirmera malheureusement cette entrée en matière plus que glaciale.

Ce qui est étrange quand on fait face à quelqu'un qui vous regarde et ne parle pas c'est qu'on est partagé entre le plaisir de saisir un moment qui sort de l'ordinaire et la solitude la plus totale.
Dès le début, j'ai eu comme à justifier ma présence alors qu'elle m'avait invité. C'était comme devoir justifier le fait d'exister. "Est ce que tu aimes ta vie ?" Si tu n'étais pas en train de chier sur la mienne, peut-être.

Je suis sur ce vieux canapé, une fille blottie contre moi, les seins contre ma tête. Elle a le regard fuyant, une acnée rebelle et une haleine de la même odeur que ses aisselles.
Je ne bande pas.

Il est des moments dans une vie que l'on aimerait oublier. Que l'on aimerait ne pas écrire. Tout s'enchaîne mal, la voiture qui tombe en panne, le patron qui vous tombe dessus, votre plan cul qui ne répond plus, les rendez-vous galants qui se terminent par des textos sans réponse. On a juste a envie d'arrêter sa vie un instant, d'arrêter de ressentir quelque chose, puis de la reprendre un peu plus tard.

7 novembre 2015


21 octobre 2015

MARIE OU MARILYN / HAPPINESS IS A WARM GUM

On devait normalement prendre un verre mais à peine entrée elle se mît à s'allonger sur le lit.
Assis dans mon coin je ne bougeais pas, je voulais voir ce qu'elle allait faire. Si elle allait attendre ou agir. Elle releva la tête et commença à me fixer avec ses yeux noirs perçants, en mode félin. Je crois que c'était comme pour m'inviter à la rejoindre alors c'est ce que je fis.
J'étais là tout près d'elle et j'effleurais sa bouche comme toutes autres parties de son corps. C'était même mieux que la baise. Lécher son odeur, sentir sa poitrine, dessiner ses hanches, la plaquer contre soi.
C'était même mieux que la baise.
Mais elle était là pour ça.

"Attache moi"

Je voudrais conduire pendant des heures, arrêter la voiture au milieu d'un parking poussiéreux, boire un Dr Pepper en trouvant que c'est pas si dégueulasse, faire l'amour dans des motels et puis qui sait, peut-être me planquer pour ne jamais rentrer.

18 octobre 2015

LIGHTS

Je me souviens j'arrivais souvent sur le quai de la 12 en marchant trop vite.
Je manquais de buter sur les gens qui prenaient place alors j'essayais de pas trop les bousculer. Je finissais par trouver un endroit où on me laissait tranquille et en levant les yeux j'apercevais parfois un jeune homme mince, la canne à la main.
Il était là, immobile, sans dire un mot. Il attendait calmement la tête droite et je crois que j'avais jamais vu quelqu'un d'aussi noble et apaisé. Pas de téléphone, pas de livre, pas d'écouteurs, rien. Juste quelqu'un attendant simplement une rame de métro dans le noir, en inscrivant des sons dans sa mémoire.

Il ressemblait à n'importe quel autre jeune homme, sauf qu'il était seul avec une canne et je pouvais pas m'empêcher de penser que c'était dégueulasse. C'était dégueulasse de pas pouvoir savoir qui est là en face de toi, à te parler, te sourire, te regarder en silence ou bien verser une larme. C'était dégueulasse de pas pouvoir saisir un instant, croiser un regard ou le frétillement d'une fille intimidée. C'était dégueulasse de pas pouvoir connaître le visage des personnes qu'on aime, ou qu'on aurait pu aimer.
Je sais pas comment il faisait. Moi j'aurais pas supporté, je serais pas resté immobile sur ce quai.

Quand on sortait à Montparnasse je marchais souvent devant lui et je faisais exprès de claquer mes talons pour qu'il entende mieux par où aller. J'attendais qu'il ait traversé la rue puis je me cassais. C'était ma façon de l'aider.

Je ne lui ai jamais rien dit, j'aurais pas su quoi dire et puis à quoi bon parler.
Je ne lui ai jamais rien dit, mais j'aurais aimé qu'il sache combien je l'admirais.

11 octobre 2015

WALES

"Est ce que je peux te faire un fellation ?" me disait elle parfois avec ce petit accent anglais à la Jane Birkin qui me faisait craquer, les yeux levés vers le ciel et le sourire en coin.

Elle était blonde, cheveux longs, avec très peu de seins et très peu de taille aussi, mais elle se baladait souvent nue dans l'appartement et ça semblait aussi naturel que si elle avait été habillée.
Penchée sur le rebord de la cuisine, elle préparait les yeux brouillés comme ça et je la trouvais incroyablement belle même si je ne pouvais m'empêcher de penser que d'autres auraient pu faire mieux. Alors je pensais à autre chose.

C'est aussi ça l'histoire de ma vie, désirer ardemment ce que je n'ai pas, être un peu déçu de ce que j'ai, et rêver parfois de ce que j'ai eu.

14 mai 2015

COUPES SOMBRES

Je sais pas me vendre, et puis j'ai pas envie. Comme si je faisais ma pute dans la nuit.

J'aurais voulu dire les belles choses, même avec des mots simples, mais parfois tout s'embrouille et on se retrouve avec des morceaux de phrase mal foutus. On tente de les rassembler et rien ne se met en place. Alors pêle-mêle j'aimais quand tu venais et qu'il faisait gris tout sombre, et que le temps je m'en foutais. J'aimais quand tu sonnais soudainement à ma porte et que je pouvais pas m'empêcher de me presser pour ouvrir. Quand tu semblais surprise et que t'osais à peine dire bonjour, que je te tirais par le bras pour te coller contre moi et que je te caressais le visage en effleurant tes lèvres. J'aimais quand je regardais dans tes yeux et que j'y voyais ce que j'avais jamais vu avant, quand je me rapprochais tout doucement, quand tu restais silencieuse et que tu te laissais faire.
J'aimais quand tu disais que j'étais un mec bien, qu'on t'avait jamais prise dans les bras comme ça, quand tu parlais de toi. Et puis peut être d'autres choses.

J'aimais quand tu disais que tu avais aimé être avec moi. Même si je sais pas me vendre et puis j'ai pas envie. J'aimais quand tu disais que t'avais aimé être avec moi. Moi j'aime encore, et puis le reste aussi.

30 avril 2015

FAITS DIVERS

Parfois on marche dans la rue comme si on était seul au monde, on fait des signes à des gens imaginaires, on cherche un visage familier, ou dans un dernier effort on lève un poignet. On aurait aimé sourire mais quelque chose au fond de nous nous retient sans savoir ce que c’est. Alors on continue de marcher.

On croise des filles aussi souriantes que si elles allaient à l’enterrement de leur grand-mère mais on trouve ça normal. Après tout la vie n’est qu’une question d’idéal. Alors on efface le temps d’un moment tout ce que l’on est ou tout ce que l’on a été, on plonge dans un regard, on écorche un nom, on retrouve un souvenir oublié.
Tout ça n’a aucun intérêt.


On vit, on meurt, on baise.
Parfois pas dans le même ordre.