28 décembre 2010

MOMENT

2h52 : retour d’un pot de départ chez les voisins du dessous, passablement éméché alors que le lendemain je dois aller bosser.
J’ai passé la majeure partie de la soirée à chopper une nana de 17 ans, devant ses parents. Du grand art.
Non, du grand n’importe quoi.

Elle était grande, mince, avec de longs cheveux noirs. Elle était grande, timide, très timide, je crois qu'elle aurait pu passer des heures entières sans dire un mot tellement elle était timide. On s'est regardé dans les yeux, longuement, ou peut-être un peu moins. J'ai eu tellement envie de fourrer ma langue dans la sienne que j'ai fini par le faire. Elle aussi. Un effet bizarre, un effet étrange, un effet lancinant, un effet que j'avais plus connu depuis longtemps. Du bon flirt à l'ancienne.
Merde.
Avant de partir, elle a bien dû me dire au moins 3 fois : « Tu m’appelles ?! ».
Le pire, c'est que je ne vais avoir aucun, mais alors aucun scrupule à faire comme on a dit.

En ce moment je sais pas ce qui se passe, ma vie part un peu en freestyle, ma vie résonne, elle fait des doigts au passsé, à toutes ces années de merde à n’intéresser personne. C'est la fête du slip, enfin, tout est relatif.

Alors je hasarde un regard au loin, dans la nuit, cette nuit d'une profondeur inquiétente, et je prend ce qu’il y à prendre, sans hésiter, sans rien comprendre, sans savoir qui pourra m'entendre.

24 décembre 2010

23 décembre 2010

SANS

Maintenant que tu n’es plus là, que j’ai découvert une partie de toi, aussi infime soit elle, un nombre incalculable de questions me viennent à l’esprit. Pourtant certaines je les avais posées par hasard, sans m’en rendre compte, il y a dix ans déjà, et tu étais resté vague, pensif, approximatif. Tu t’étais limité au minimum des faits alors que tu aurais pu exprimer le maximum de tes pensées.

Maintenant c’est fini je ne saurai jamais.

Tu aurais pu laisser un témoignage, une tentative d’explication, rien qu’un mot. Coincé dans une porte, enfoui sous une pile de feuillets inutiles, dissimulé dans les poches d’un vieux gilet oublié. Un mot caché, un mot pour me parler, un mot me permettre de saisir le sens de cette époque troublée. Mais j’ai eu beau chercher, dans tous les sens, dans tous les recoins, je n’ai rien trouvé. Rien de rien.
Peut-être n’y avait-il rien à expliquer.

Tu aurais pu dissiper mes angoisses mais tu ne les as même pas remarqués. Tu as détourné le regard comme si tu n’étais pas intéressé, tu as fait semblant de ne pas écouter, tu es passé à côté. C’était peut être exprès, l’envie de garder pour soi ceux que les autres ne vivront jamais, l'envie de déserter, l'envie de tous nous envoyer chier.
Ou peut être que tu n’y voyais tout simplement pas l’intérêt.

Tu n’as rien fait.
Tu ne m’as rien laissé.
Tu m’as laissé dans mes songes.
Tu ne m’as laissé que des faux mensonges.

19 décembre 2010

BIEN, T'AS VU ?

En ce moment je me sens bien, je fais ma petite vie de mon côté sans me soucier des autres et ma fois ça ne fait pas de mal de se retrouver un peu.
J’apprends à oublier tout ce que j’ai merdé par le passé, à relativiser tout ce qui n’est pas comme je le voudrais dans le présent, à ne pas idéaliser ce qui pourrait m’arriver dans le futur. J’essaye d’aller au plus simple, à l’essentiel, de laisser la vie se faire d'elle même. Après tout rien ne sert de forcer le destin, si ça ne marche pas c’est qu’il devait en être ainsi, autant passer à autre chose. Point barre.
J’essaye surtout d’éviter de perdre du temps à cotoyer les personnes qui ne peuvent pas m'encadrer pour mieux profiter de celles qui me comprennent, et c'est déjà pas si mal.

C’est ainsi que l'autre jour un « Toi et ta vie de merde » ne m’a pas fait plus d’effet qu’un Richard Berry mangeant un yaourt. C’était simplement à côté de la plaque. En d’autres temps, j’aurais passé plusieurs jours à me retourner la tête de partout pour savoir pourquoi on pouvait penser ça de moi.

C'est un fait, depuis que je bosse je suis quelqu'un.

17 décembre 2010

14 décembre 2010

LIBERTIN

"Chers amis,

En vue de l’ouverture prochaine d’un espace dédié aux blogs sur notre portail de rencontre, www.libertinby.net je viens vers vous afin de savoir si vous seriez intéressé pour y figurer…

Nous serions heureux d’établir un partenariat, et pouvoir ainsi être mentionné sur votre site et de vous faire figurer sur le notre…

Dans l’attente de vous lire…

Libertinement,
Toute l’équipe de Libertinby.net"



Franchement, j'ai l'air d'être libertin ?

11 décembre 2010

STAY

J’ai cherché partout la clé, les mains gelées, les doigts crispés, le froid qui nouait mon corps comme le stress du matin. J’ai erré partout, la tête dans la neige, les pieds dans les nuages, à la poursuite de quelqu’un qui n’existait pas, qui se payait ma tête dans le lointain.

« Ça va, ça te plaît ? Tu vas rester avec nous ? » me dit-elle pendant que je regardais par la fenêtre des flocons gros comme mon poing qui s’abattaient inexorablement sur le pavé glissant.
Je ne sais pas. Oui, oui sûrement. Je ne m’étais pas posé la question en fait. J’avais pausé mon âme dans un coin et m’étais laissé guider par les évènements. J’avais laissé faire mes sentiments et ils me disaient qu’on était pas forcément bien ici mais qu’on était protégé, privilégié, qu’on se sentait en sécurité.

Alors je resterai.

4 décembre 2010

EUX

Parfois, j’en ai vraiment ras le cul d’être comme je suis, difficilement impressionnant, facilement impressionnable. Je doute de moi et arrive à en faire douter les autres. Etonnés qu’un mec comme eux se sous-estime autant. Eux, qui ont fait de si "grandes études", ne vaudraient ils également pas grand-chose ? Faire partie d’une sous-disant "élite" ne serait-il qu’une vaste fumisterie ? Le minimum syndical à atteindre de nos jours ?
Ma simplicité les rend perplexes, leur donne l’impression avec horreur qu’ils ne sont "que" comme les autres, juste comme les autres. Eh ouais, n’être finalement que quelqu’un de banal, avec ses qualités et surtout ses défauts, leur semble impensable.
Et même franchement insupportable.

Avec le temps, je me suis rendu compte qu’être l’exception dans mon village n’était qu’être la normalité à Paris. Avec le temps, je me suis rendu compte que je ne valais pas plus que tous les autres, mais bien autant que n’importe qui.

2 décembre 2010

D'UN COTE COMME DE L'AUTRE

K
U
N
G

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F
O
O
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27 novembre 2010

DEUX

Baiser quand on en a envie est un plaisir auquel j’ai (et pas mal d’autres personnes) du mal à résister.
Niquer puis partir chacun de son côté, c’est l’idéal quand on a un besoin seulement « physique ». Pourtant plus ça va et plus j'ai l'impression que le compte n'y est pas, que tout ça ne rime à rien, que baiser, ça se fait à deux entre deux êtres éprouvant certains sentiments, et que lorsqu’on fait ça uniquement par pulsion animale on est jamais aussi seul. Seul face à soi-même, seul face à son plaisir narcissique.
Moi qui en temps normal me considère comme un jeune homme bien sous tout rapport, bien élevé qu'on dit, il m’arrive ainsi de me comporter comme un gros macho de base, comme une vulgaire machine à baiser dénuée de tout sentiment, le genre de type que je méprise et que je ne serai jamais, enfin je l 'espère.

De manière générale, je crois en fait qu'un homme les couilles vides ou pleines a deux manières radicalement opposées de voir le monde, et que c'est une loi de la nature contre laquelle on ne peut rien.

Alors, la moins mauvaise chose à faire, c'est encore d'arrêter de se culpabiliser et de rester humble face à la nature. Et de s’excuser comme on peut pour le mal qu’on a fait ou qu’on a pu faire. Et qu'on refera.

"On fait souvent du mal à ceux qu'on apprécie"

25 novembre 2010

ICI

Je viens de rentrer dans le monde de Candie, un peu aidé certes, mais j'y suis renté. Ici, tout le monde il est beau (certes un peu vieux), tout le monde il est gentil. Je me pince, c'est pas possible, dans un salon du 20e étage avec vue sur Tour Eiffel, en train de déguster un petit canap d'une main et une coupette de Veuve Cliquot de l'autre.
"Tu verras ici c'est les salaires du privé avec les horaires du public" me dit il, avec son large sourire et cette tonalité si apaisante qui est aussi celle de mon oncle. Il aurait pu mourir, moi, j'ai surtout peur de foirer à nouveau alors que je risque de bosser dans la planque ultime.

Tout est une question de mécanique finalement, c'est un peu dévalorisant mais faut bien faire avec, alors je vais prier chaque soir pendant 6 mois pour pas tomber en rade et rester sur le bord de la route comme un con.

"Jusqu'à présent je n’ai jamais osé les sorties de route, de peur de m’écraser froidement contre un arbre. J’ai roulé pénard en voiture en électrique en voyant lentement se défiler le fil de mon existence."

23 novembre 2010

15 novembre 2010

DOUBLE

J’étais là, dans cette cours de cette maison de campagne du sud de la France, le regard ailleurs, l’esprit incertain. Je tournais en rond, la cigarette à la main, le col du trench relevé. La poussière blanche s’échappait de mes pas, comme la fumée de mes poumons, de façon inéluctable. Le temps semblait s’être arrêté, définitivement, comme ces nuages d’un gris déprimant à peine concernés par de timides rafales de vents. Le temps semblait distant, anonyme, le temps semblait s’être fait la malle, ça aurait été la fin du monde que ça aurait été pareil.
J’ai fermé les yeux lentement et je me suis retrouvé dans cette cave sombre sans le vouloir. J’avais là devant moi, ces vieilles valises, ces vieux cartons, ces éléments du mystère. J’ai regardé partout, à droite, à gauche, au fond, en l’air, si on m’avait observé je suis sûr qu’on aurait dit un flic de la DPJ en perquiz. Sans gènes, sans scrupule, sans rien, prêt à violer la mémoire familiale comme un chien. Oui un viol, forcer les choses, c’est bien ça non ?

Puis je suis tombé sur ces mallettes genre années 40, genre qu’on aurait pu voir dans un Maigret. Elles n’avaient pas été ouvertes depuis des décennies, ça se voyait, et moi je voyais plus ce que je faisais là, à me demander si je devais les ouvrir ou pas. Je le sentais pas. Je savais pas. Si je devais avoir peur d’y trouver un trésor providentiel ou snuff movie façon "13 mm".
Mal à l’aise, oui mal à l’aise, comme s’il me regardait de là-bas et qu’il avait honte de moi à me voir fouiller comme ça. Mal à l’aise, le cœur à plat, comme quelqu’un qui s’apprête à trouver quelque chose qu’il n’aimera pas.

J’ai soufflé un bon coup, j’ai jeté un coup d'oeil derrière mon dos. La pièce était calme, trop, d’un calme pesant, j’ai senti tout le poids du remord qui pesait sur moi. Les pièces à conviction étaient là, bien rangées, à portée de bras, y’avait plus qu’à se servir. J’ai retroussé mes manches, essuyé mon front du revers de ma main avant de m’asseoir définitivement sur ma dignité, puis j’ai ouvert.

11 novembre 2010

BON WEEK END

10 novembre 2010

ROUND 2

ROUND 2 dans le monde du travail, en mode choc post-traumatique.
Alea Jacta Est.

6 novembre 2010

DE RETOUR

Le ciel parisien est redevenu gris avec assurance. Faut avouer que 3 jours de grand soleil, ça commençait à en devenir assez inquiétant.
Les journées se suivent et se ressemblent et peuplent le vide ambiant. Je hasarde un regard par la fenêtre et j’ai presque peur de renouer avec le contact humain. J’ai un poil dans la main aussi gros que mon bras, faire quelque chose d’utile et de nécessaire m’effraie au plus au point. Je commence même à prendre des réflexes de pauvres, ainsi commander un dessert au restaurant me semble d’un luxe inouï.

J’ai passé l’entière après-midi à me caresser devant plusieurs épisodes d’Amour Gloire et Beauté en streaming. Je touche le fond. Sinon, je joue aussi sur 5 touches à Guitar Hero.

Heureusement, le Double Cheese est de retour.

2 novembre 2010

CORRESPONDANCES


Le 15 Novembre 1939 :
"Mon cher Charles, si tu en as une autre dis le moi, je retirerai ma candidature, j'effacerai de ma mémoire ces quelques mots et il n'y paraitra plus je te le promets."

J'en chialerais presque, cette naïveté d'une autre âge me prend littéralement aux tripes. Un million de fois plus qu'un "j'te kiffe grave, j'ai trop envie de niquer" d'aujourd'hui.
Dix milliards de fois plus.

J'arrive pas à garder les yeux secs quand je pense à toi.
Je te retrouverai.
Si l'âme existe.

29 octobre 2010

PAS DE PITIE POUR LES CROISSANTS


« Mais oui faut leur donner la trique à tes recruteurs, faut les faire bander, faut pas s’excuser d’avoir eu un entretien. Ça fait quoi ? Un an et demi que tu végètes, faut être actif de sa vie, faut réagir, faut avoir envie, se bouger le cul ».

Merci mon coloc tu me rassures beaucoup, après le « vous ne vous en rendez pas compte mais vous n’arrêtez pas de vous dévaloriser, de vous mettre en retrait quand vous racontez votre parcourt » suivi du « vous êtes plein de doutes et nous on a besoin de gens sûrs d’eux, de gens qui savent motiver et fédérer une équipe » de ce matin, je crois que j’ai eu ma dose pour aujourd’hui.

Merci les p'tits gars de P&G. Loser toi-même ouais…

27 octobre 2010

PCR


« Oublie-moi. Oublie-moi maintenant »

Je rigole. Je rigole au fond de moi parce que pour une fois je pourrais balancer ça si je le voulais. Comme ça, brutalement, sans réfléchir, sans prévenir. Juste pour le geste. Juste parce que c’est possible. C’est con, mais c’est comme ça. Ça s’appelle de la méchanceté gratuite je crois, enfin pour moi une certaine vision du luxe.

Le concept de « fuck friend » a ceci de bon qu’il nous offre à nous, hommes primitifs de base généralement dénués de toute notion de sentiment, notre lot de baise à la demande. C’est donc un concept plaisant, du moment qu’on ne ressent rien qu’une légère attirance. Le hic étant que l’autre personne impliquée dans le deal puisse ne pas concevoir les choses de la même façon ; déjà que ça fait le forcing pour s’embrasser en public et que ça demande mon avis sur sa marque de serviettes hygiéniques, moi qui ai toujours pensé que tout ça c’était surtout quelques minutes de plaisir pour plusieurs jours d’emmerdes, je sens que ça va mal finir cette histoire…

Quoi qu’il en soit mine de rien ça commence quand même à me faire un peu « prendre la confiance », oh pas grand-chose, trois fois rien, mais peut être le petit truc qui fait la différence. Je sais pas, je me sens succesful ces temps-ci, j’ai d’autres pistes en cours, je regarde les filles droit dans les yeux, je soutiens leur regard, je les fixe sans avoir l’impression de les fixer comme si « je sortais de prison après 20 ans de réclusion ».
Je crois même que je me fais régulièrement mater. Ou bien c’est moi qui m’enflamme. Enfin je me sens plutôt bien quoi, je profite tout simplement d’un de ces rares moments où ma vie me semble tout à fait délectable.

Sinon à part ça j’ai toujours pas trouvé de job et j’ai troqué mon Dell Inspiron 6000 contre un Vostro 3300.

24 octobre 2010

HISTOIRE

J’écris des choses vraies et des choses fictives dans ce blog, des trucs réels et d’autres qui le sont moins. Pourtant j’ai comme la vague impression que les choses fictives finissent invariablement par se réaliser. Je ne vous dirais pas quoi, mais c’est quand même assez déroutant de voir que certains trucs se révèlent être prémonitoires.
Je sais pas, je devrais peut être écrire que je suis beau, intelligent, et que je réussis tout ce que j’entreprends.

On sait jamais, histoire que…

21 octobre 2010

"Quand j'ai vu Marguerite, j'me suis dit quel prénom étrange,
Pis c'est pas vraiment la saison à faire l'amour dans les champs.
Moi mon cœur est chrysanthème et mon âme est triste.
Quand j'ai vu Marguerite, Marguerite m'a dit « t'approche pas trop de moi ».
Moi j'ai pas écouté tu vois, et j'suis là comme un con à effeuiller les pétales de Tulipe, de Camélia, de Rose et puis de Lilas.
Quand j'ai vu Marguerite j'me suis dit elle sort d'où celle-là puis c'est quoi c'prénom à la con sorti du fond d'un autre temps, et puis moi j'aime pas bien les fleurs et puis j'aime pas ce qui sent bon.
J'préfère les pétards aux pétales et un peu la boisson.

Marguerite c'est mes coups d'jus, c'est mes coups d'foudre, c'est mes coups de blues, c'est pas vraiment un bon coup mais c'est dans l'mille à tous les coups.
C'est comme un parfum de nocturne qui aurait l'goût des levers du jour, parce qu'elle elle dit jamais « je t'aime », parce que sans équivoque aucune, la liberté au bout des doigts, entre le marteau et l'enclume, c'est la luciole au fond des nuits, c'est comme rouler sans le permis.

Quand j'ai vu Marguerite, ça m'a fait comme un bras d'honneur, l'insoumission qui dit « je n'ai ni Dieu ni Maître ni qui que ce soit », comme un doigt levé bien haut à tous les dieux, tous les suppôts, c'est l'solidaire des travailleurs pis c'est la liberté du cœur.
Quand on va pointer à sa porte, sûr qu'on est tous un peu chômeur, et moi qui suis là comme un con à effeuiller les pétales de Tulipe, de Camélia, de Rose et puis de Lilas.
Marguerite elle est belle comme un accident de bagnole, comme un poids lourd qui a plus les freins, Marguerite elle est folle et c'est vrai que moi j'aime bien quand elle fait voler les assiettes, quand elle me fait péter les plombs, qu'elle dit qu'elle aime pas mes chansons.

Marguerite c'est mes coups d'jus, c'est mes coups d'foudre, c'est mes coups d'blues, c'est pas vraiment un bon coup mais c'est dans l'mille à tous les coups. C'est la luciole au fond des nuits, oui sur la joue, sûr c'est la pluie, Marguerite c'est mes nuits noires, c'est mes nuits rouges, c'est mes nuits blanches.
C'est comme un train, oui, qui s'égare mais qui s'arrête pas dans les gares.
C'est la luciole au fond des nuits, c'est comme rouler sans le permis.

Marguerite c'est pas la bonne mais putain qu'elle est bonne ! Presque aussi bonne que Marie, en un peu moins putain aussi.
J'en ferais bien ma religion, j'en ferais bien mon horizon, c'est sûr que j'peux mourir demain, tant qu'elle m'habite entre ses reins.

Elle est comme un bateau d'pirates, comme un chien qui a mal à la patte.
Marguerite elle a l'goût d'la mer, elle a la fraîcheur des rivières, elle a l'ivresse de la vodka, la folie de la tequila, elle est un peu Mexicaine, un peu Française aussi.
Elle est tout c'qu'on veut qu'elle soit, tous les possibles au bout des doigts.
Elle t'emmène d'l'autre côté d'la Terre juste quand elle ouvre les paupières."

Saez

17 octobre 2010

LAST EXIT

J’avais oublié. J’avais oublié qui j’étais. Je m’étais fondu dans l’optimisme ambiant sans même l’imaginer. J’avais même pris la fierté. Sans déconner. J’étais satisfait.
Et puis un matin d'Octobre je me suis réveillé.

Me erreurs, mes errances, mes insuffisances, quelqu’un était là pour me les rappeler. Lentement, calmement, sans pitié, il les a déroulées. J’aurais préféré qu’il m’envoie un bon uppercut dans la gueule, j’aurais eu moins mal.
Depuis je suis bloqué, bloqué dans mes pensées, perdu dans ma perplexité. Noyé. Sans vouloir être sauvé.
J’avais oublié.

Je suis là, allongé sur le lit de ma chambre, ou le long d’un canap à moitié défoncé, et je ne fais rien, rien que penser, que penser à rien. Ou regarder, le jour passer, défiler, s’effiler. Sans s'arrêter.
Tout semble immobile, silencieux, comme mort. J’investis des endroits vides, des recoins perdus, des lieux abandonnés, et je semble disparaître peu à peu avec eux.
L’envie, l’action, est ailleurs. Ici ne règne qu’ennui et passivité.

J’avais tout bien fait, fait comme il fallait, comme on m’avait dit qu’il fallait, mieux même. Pourtant j’ai merdé, j’avais pas prévu, j’étais pas préparé.
Incapable de faire face à l’imprévu, je suis paralysé. J’ai peur, je chie dans mon froc, je suis pétrifié. J’ai peur de mon avenir avant même qu’il puisse arriver.
J’ai peur comme quelqu’un qui a peur de tout gâcher.

13 octobre 2010

PROMOTION CANAP

"Je tiens à préciser quelquechose, en fait comment avez vous eu mon CV?"
- Par l'intermédiaire de Nathalie la Directrice du Développement, pas de soucis pour ça, ou plus exactement sa fille si j'ai bien compris...

Et là j'ai senti un regard qui se pausait sur moi, un regard en coin, un regard narquois, un regard qui semblait se demander : "Est-ce qu'il la baise?"

Dans un sens, oui.

11 octobre 2010

UN JOUR

"Un jour, il faudra pardonner à nos parents de nous avoir fait tels que nous sommes."

On n’aime jamais vraiment ce qu’on est, ou rarement. Trop bon, trop fort, trop grand, trop laid, trop mince, j’en passe et des meilleures.

Moi, je crois que je manque cruellement d’imagination, ou que j’en manquais. Alors pour compenser j’ai fait des études. Bête et discipliné. Pauser d’entrée la stature, la légitimité, ne pas avoir à se justifier. Travailler, c’est encore le seul moyen que j’avais trouvé pour palier mon manque de personnalité. Enfin je croyais. Pas comme tous ces types qui n’y connaissent rien mais qui ont un culot et une audace telle qu’ils seraient capables de se faire passer pour un énarque devant notre président de la république de mes deux.

Le charisme, la séduction, l’attirance, ce jeu de dupe quoi, cette comédie de la vie à la puissance inimaginable. Cette façon de dire fuck à tous ces geeks et de montrer que le talent, la réussite, ne s’acquiert pas forcément en bossant comme un taré mais ayant naturellement ce petit truc, cette petite étincelle que les autres n’ont pas. Sans quoi, comment un modeste immigré autrichien aurait il pu devenir gouverneur de Californie ?

Y’a pas à dire, même aujourd’hui, c’est tous les jours Bel-Ami.

8 octobre 2010

Baiser, ça peut faire mal, surtout avec un vampire

2 octobre 2010

A OUBLIER

Tiens je viens de retrouver une de mes premières nouvelles, à l'époque j'étais assez jeune et encore plus naïf mais au moins avec un post comme celui-ci je suis tranquille pour un bon bout de temps...

1

L'année prochaine, c’est demain. Entre amis, ambiance calme, on se fait la soirée du nouvel an dans une baraque de parent assez spartiate mais on vient pas là non plus pour le décor. Juste pour enquiller, ou chopper à l’occasion. Là depuis un moment c’est plutôt enquiller, des mois que c’est le désert, on s’habitue et on enquille puisque que y’a que ça à foutre. Et puis le désert ça commence à être pas si mal que ça : je bois à ma convenance, je fais ce que je veux, pas une connasse pour me faire chier avec des réprimandes à la con. Si j’ai envie de me détruire c’est moi que ça regarde. Tiens d’ailleurs je suis pas tout seul puisque mon pote Mathias s’y est mis aussi. Elancé, plutôt brun, cheveux très courts, habillement commun. Mathias c’est le gars commun par excellence : taille moyenne, intelligence moyenne, classe moyenne, ni sérieux ni branleur, ni gros ni petit, ni beau ni laid, d’humeur conciliante du moment qu’on le cherche pas, un peu d’humour, pas mal de timidité. Le gars qui tape pas dans l’œil, qui sort pas du lot et avec lequel tu te tapes pas forcément des barres de rire mais qui ira pas t’emmerder. Le gars sympa quoi. Ben Mathias il est là, pas très loin de moi sur la terrasse de la piaule, faut dire que j’en mène pas large à ce moment là, et puis tout d’un coup le gars il se met à sortir une galette monumentale. Tout le repas y passe, de l’entrée jusqu’au dessert. Ça me fait bien marrer jusqu’au moment où c’est mon tour de tout lâcher. Du costaud, j’en ai les larmes aux yeux. Mais bon du coup je vais mieux, mon pote aussi reprend des couleurs.
« On se fait un ptit rhum pour fêter ça ?
- Non merci gars, me répond-t-il et il sort une cigarette.
- T’en veux une ?
- Pourquoi pas. » Je fume pas. J’avais déjà essayé plus jeune mais je trouvais ça trop dégueulasse, mais là j’ai envie.

« Merci ». Je l’allume et manque de m’étouffer mais me reprend sur la deuxième taf. A la troisième les effets commencent à se faire sentir. Je me sens plus détendu. Je me retourne, me regarde dans une des vitres, et trouve que la clope ne me va pas si mal. J’ai la tête et le style pour ça. Je devrais peut être m’y mettre finalement.

« Alors ça y est tu t’y mets ? je demande.
- A quoi ?
- A ça... » Et là je lui désigne bien distinctement son dégueuli.
« Comme tu peux voir.
- Oui je vois. Et puis après tout t’as bien raison c’est quand même bon de se retourner la tête de temps en temps. Ça remet les idées en place.
- Et puis à défaut de chopper… Ca m’a suffit je suis passé aux choses sérieuses.
- Ouais mec. »

Je finis ma clope et m’engouffre à l’intérieur. Heureusement qu’on habite pas loin d’ici tous les deux. On pourra rentrer à pied tout seuls comme des grands et se réveiller le lendemain comme si de rien n’était.
A l’intérieur les autres glandus continuent toujours à s’amuser. Je les rejoins sans grande conviction. Une amie vient vers moi :
« Ouah c’est super on a changé d’année !
- Ah ouais super trop bien » je dis.

Une année de plus. Une putain d’année de plus.

2

Ça y est, c’est le moment de repartir. Après 2 semaines de vacances plus ou moins chiantes, pas mécontent de rentrer chez moi. Mes valises sont déjà prêtes 2 heures à l’avance, au grand dam de mes parents. Eh ouais faut bien repartir. Et comme disait quelqu’un dont je me rappelle plus le nom : « Partir, c’est revenir un peu ». Quel proverbe à la con. Le truc qui veut rien dire en somme. Enfin passons.
La veille encore j’ai passé la soirée avec mes amis. Un petit groupe d’une dizaine de personnes. Bien entendu on aurait pu s’attendre à ce qu’il y ait un couple ou 2, ben c’était le cas effectivement y’en avait 2. Pas les plus beaux mais 2 quand même. Formés il y longtemps déjà, trop longtemps. 2 vieux couples en somme. Comme quoi les amis de longue date qui tombent amoureux subitement c’est bien bidon tout ça. Soit on a le feeling, soit on l’a pas. Quoi qu’il en soit on s’était rassemblé pour discuter un peu. Dans les soirées on fait toujours tout, sauf discuter. On « fait la conversation » comme des ringards. On bla-blate quoi.
On était donc tous là, la garde rapprochée. On savourait ce moment qui était habituel auparavant mais qui s’était raréfié avec le temps vu que chacun s’était barré à droite à gauche pour poursuivre ses études. Certes tous n’étaient pas encore partis de chez eux, mais beaucoup d’autres comme moi étaient des exilés de longue date.
On s’était plus ou moins connu au lycée, on s’était rapproché au fil du temps et on avait semble t il tous ressentis la nécessité de pas couper les ponts. On savait inconsciemment qu’on avait eu la chance de se trouver donc on voulait en quelque sorte préserver ce lien. Dans le groupe 2,3 potes m’étaient particulièrement proches. Marc en était l’un d’entre eux.
Un gars avec lequel on pourrait pas l’expliquer mais on était sur la même longueur d’onde. La même vision des choses. Le même humour. La même sensibilité. Le même constat froid sur le monde et les relations humaines en particulier. Un des gars sur lesquels on peut compter.
Soudain au cours de la soirée il me prend à part :
« Eh faut qu’on cause.
- Ça va pas ?
- (silence) Je me suis encore pris la tête avec mes parents. Un truc à la con. Je les supporte plus. Toujours derrière mon dos : quand je sors, où je vais, qui je vois, si je baise, ou pas. Je vais me tirer et prendre un appart en ville. Seul, pénard. Ça leur fera les pieds.
Putain pourquoi j’suis fils unique ? J’en ai ras le cul de vivre avec 2 croutons qui se font la gueule tout le temps. Qui se parlent plus, qui s’aiment plus (je me demande même s’ils se sont jamais aimé), et qui font semblant de. J’aimerais bien voir comment ils se démerderont quand je serai plus là.
Demain je me barre de chez moi. Pas possible de faire autrement.
- Ouais je crois que ça vaut mieux pour toi » je dis, sans conviction.
- Oh et puis merde !

Marc se tût quelques instant, comme pour tenter de rassembler ses esprits et se calmer un peu. Il avait l’air hagard, le regard fuyant. Celui qui se perd au loin sans qu’on sache où il peut bien se poser. Il souffla un bon coup puis sortit de sa torpeur.

« Dit moi, des fois t’as pas l’impression de vivre dans un monde à la con ? T’es jamais satisfait de rien. Quoi que tu fasses, ça te fait chier, où que tu sois, t’es bien nulle part. Tu peux faire confiance à personne. Si t’es trop sympa, on te méprise, si tu l’es pas assez, tu te retrouves tout seul.
- Pour moi la plupart des gens sont cyniques et individualistes. Faut vraiment les connaître depuis longtemps pour savoir qui ils sont réellement. On en est tous là.
- Plus le temps passe et plus j’ai l’impression que rien n’a de sens. Putain on sert à quoi après tout ? On est là, ici, à cet endroit, à ce moment là, on fait des trucs, on les fait pas, on dort, on bouffe, on bosse, on baise, on chie. Qu’est-ce que ça change ?
- … »

Marc semblait passablement tendu et pour une fois j’ai écourté la conversation ; de plus il commençait à se faire tard et j’étais crevé. J’aurai tout le loisir de méditer sur le sujet une autre fois. Avec la fatigue, il arrivait forcément un moment où on sortait des conneries qu’on regrettait avoir dites le lendemain ou qu’on avait tout simplement oubliées.
A vrai dire, certaines de nos conversations pouvaient s’avérer stériles mais au moins elles avaient le mérite d'exister, et même de nous faire réfléchir, ce qui arrivait pas tous les jours.

Une fois revenu dans mon école de m****, le festival d’enfoirés et de conneries en tout genre pourrait reprendre son lot quotidien. Quoi de plus naturel en somme.

3

A peine arrivé, Jon m’appelle déjà sur mon portable :
« Ce soir des gars de l’école proposent qu’on se rejoigne dans un bar. Si ça t’intéresse…
- Ouais je vais passer je pense… »

Eh oui que ça m'interesse. Rien de prévu ce soir. C’est toujours mieux que de passer la soirée à se branler devant une émission télé pour beaufs made in TF1.
Après un repas sommairement ingurgité, j’enfile tee-shirt Paul Smith, jean Diesel, veste The Kooples, Converses et mes chères Wayfarer. En me regardant dans le miroir, je suis plutôt satisfait de moi, j’ai l’impression d’avoir la classe, je me sens presque le gars le plus cool du monde, enfin presque.
Je me suis pris une Audi TTS, pratique l’été. Et puis ça montre que j’ai certains moyens. Très important ça.
Après avoir tourné pendant 20 minutes dans le quartier, j’arrive enfin à trouver une place qui craigne pas trop. Damned je suis par contre obligé de me taper 5 minutes à pied. J’entre donc passablement deg dans le bar. Un pub anglais classique : mobilier en bois, barman anglais plus ou moins sympathique, match de foot sur écrans plats, musique pop-folk à fond et gros nuage de fumée de cigarette stagnante à l'horizon. Le truc que t’as l’impression que ça te colle, que ça te suit partout.
Les gens parlent bruyamment. C’est d’ailleurs fou ça, dans ces bars les gens passent toujours toute leur soirée à discuter sans arrêt 3, 4, 5 heures… : comment font ils ? Qu’ont-ils de si important à dire pour se tenir le crachoir aussi longtemps ? J’en sais foutre que dalle. Et puis je m’en branle sévère.
Je sais pas, ils doivent sûrement être très proches. Mais j’y crois pas trop.

Quand je rentre à l’intérieur je mets un peu de temps à retrouver mon groupe, instant de stressante incertitude, mais je le repère assez rapidement. Les gens me disent à peine bonjour en me voyant arriver mais ça ne m’étonne pas plus que ça. Heureusement Jon, le gars que je connais le plus ici, est déjà arrivé. Il discute avec deux gonzesses plutôt pas mal. Je les avais déjà aperçues à l’école mais j’avais pas encore eu l’occasion de les rencontrer. Je m’avance vers le trio et dès qu’il m’aperçoit mon pote lève grand les bras pour m’accueillir : la soirée commence plutôt bien, je vais pouvoir m’incruster dans la discussion sans avoir trop l’air de taper l’amitié.
« Tient le voilà ! Passé de bonnes vacances mon gars ?
- Oui bien, et toi ?
- Moi bien aussi. Tiens je te présente humm…
- Sarah » dit Sarah en me regardant de façon souriante
« Clara » dit Clara plus platement.
« Je m’excuse de perturber la conversation. De quoi parliez vous ?
- Oh de pas grand-chose. De ce qui se faisait en ce moment dans l’école, de la prochaine soirée etc…
- Ouais je vois.
- Aller assis toi »

Jon est assis entre les deux filles. Il m’invite à m’asseoir entre Sarah et lui. J’ai pigé le truc.
Pendant qu’il entame une autre conversation avec Clara, je fais de même avec la fille qui s’appelle donc Sarah. En l’espace de quelques minutes, je suis passé d’une petite galère en bagnole à une bonne position de drague. J’ai connu entrée en matière plus difficile. Autant en profiter puisque j’ai l’air d’avoir de la chance sur ce coup-là.
Sarah n’est pas très grande, un peu ronde, mais elle a un visage assez intéressant et son sourire me donne l’impression que je suis un garçon tout à fait charmant. J’ai donc envie d’en savoir plus :
« T’es en quelle année ?
- Première.
- Et toi ?
- Deuxième.
- Alors tu penses quoi de l’école après 6 mois ?
- C’est sympa, y’a souvent des trucs d’organisés, je m’amuse bien. Les gens sont plutôt cools.
- Tu viens d’où ?
- Paris.
- Et toi ?
- Paris.
- C’est la première fois que je te vois. Tu vas souvent aux soirées ?
- Oui, oui j’y vais. C’est sur que je suis pas toujours là, j’ai quand même une vie sociale en dehors de l’école, mais j’en suis quand même régulièrement.
- L’ambiance est vraiment super dans ces soirées, mais je préfère quand y’a mon copain.
- Ah oui. » (acquiescement benêt)

Je me suis emballé trop vite. Elle a glissé rapidement qu’elle avait un copain. Ça aurait été trop beau. Que ce soit vrai ou pas de toute façon le message est clair : ça va pas être possible.
Mais putain je suis pas assez médiatique ou quoi ? « Tu vas souvent aux soirées ? » J’y vais tout le temps connasse ! C’est sûr je suis pas très bavard mais je suis pas transparent non plus bordel. Qu’est-ce qu’il faut que je fasse ? Faut que je sois connu par tout le monde, catalogué comme mec cool, que je comprenne les femmes et sache disserter avec elles sur le sens de la vie ? Décidément je crois que vraiment, va falloir que je me la pète un peu plus que ça pour me faire remarquer. Non ça y est j’y suis : elle était peut être tout simplement trop belle pour moi. C’est bien possible. En tout cas c’est pas mon verbiage qui l’aura fait changé d’avis.

Sur cette réflexion fort négative, je me dis seulement que c’est qu’une pétasse qui mouille devant Brad Pitt et qui se croit suffisamment séduisante et intelligente pour arriver à sortir avec un mec d’un autre niveau que moi.
Je fais mine de m’excuser un peu promptement en prétextant un quelconque ami à aller voir et je la plante là, à côté de Jon et Clara qui se roulent déjà une pelle monumentale depuis près de 10 minutes. Tiens vas y maintenant démerde toi avec ça pauvre conne.
Je rejoins alors les gars du Bureau Des Sports qui en tiennent en général une bonne, spécialement les rugbymen. J’ai pas trop le même style qu’eux mais l’alcool cimente l’amitié puisqu’ils m’invitent à prendre un verre. Et puis, depuis la soirée de Noël où ils m’ont vu prendre une putain de cuite ils commencent à me considérer comme l’un des leurs.
Dès lors, je reste au comptoir à boire et taper la discute avec ces mecs là. Et je me marre bien. Je passe un bon moment et oublie complètement ma pitoyable drague avortée de début de soirée.

3h : je commence à être dans un sale état, pas à en dégueuler mais bien fait quand même. Je quitte le bar un peu avant les rugbymen, en compagnie d’autres connaissances. Je fais un bout de chemin avec ce petit groupe puis lui dit au revoir vu que j’ai ma voiture là en face, de l’autre côté de la rue. Je vais prendre la route complètement bourré mais visiblement j’en ai (et on en a) rien à foutre, ou on fait de mine de rien voir parce que ça ferait bien chier de me venir en aide. Quoi qu’il en soit, voilà que je démarre, arrive à sortir de ma place je sais pas trop comment, puis grille le premier feu 100 mètres plus loin sans le faire exprès. Par chance, le carrefour était désert. Ni voiture ni poulet à l’horizon. Je m’en sors bien. Du coup, je roule plus doucement pour ne pas me faire remarquer et surtout essayer de ne pas bousiller bêtement ma caisse.
Finalement j’arrive à bon port sans encombre et m’affale directement sur mon lit après avoir péniblement refermé la porte derrière moi.

Demain est un autre jour qu’on dit.
Un autre jour certes, mais toujours avec la même gueule de bois au réveil.

28 septembre 2010

POUR TOI



"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."
Pier Paolo Pasolini

24 septembre 2010

NOTES


"You want to take a picture ?
- Euh... non pas trop.
- Oh I thought you......"

C'est ce que j'apellerais foutre un vent à Bret Easton Ellis.

22 septembre 2010

HELL

Elle est grosse, petite, presque moche, mais surtout elle est grosse.
Elle m’a amené dans ce Parc, tout proche, que je ne connaissais même pas, une anomalie dans la ville, le quartier, le truc caché, coincé entre quatre immeubles, dissimulé derrière des parapets, beau mais caché.
Elle m’a amené je sais plus trop pour quoi, passer le temps, plaire, discuter, donner l’impression que notre vie est remplie, animée, oublier les après-midi passées à s’emmerder, à traîner sur Facebook, la gueule à peu près défoncée pour s’occuper, à mater la vie des gens débordés.

Elle s’est allongée dans l’herbe à moitié dénudée, j’ai ajusté péniblement mes idées pendant qu’elle étalait lentement ses jambes très blanches, bien épilées, bizarrement fines, et qu’elle balançait sa tête en arrière pour mieux prendre le soleil. Le Parc était pentu, propre, bien agencé, accueillant, paisible, peu fréquenté, il me donnait envie de rester même si globalement je n’avais rien à faire avec elle.

Elle a sorti le débardeur d’été, elle n’y était pas obligée, mais elle l’a fait. J’ai pu admirer ses seins énormes mais ça ne m’a pas spécialement fait d’effet, ça m’a juste permis d’entrevoir les quelques vergetures légitimes qu’elle pouvait pas masquer. Elle s’est mise sur le dos, sur le ventre, sur le côté, dans tous les positions, dans tous les sens, elle a tout essayé. J’ai eu beau essayer, rien n’y a fait, j’ai pas pu bander. Rien, pas même une demi-molle. Enfin, ça, depuis la première fois que je l'avais vue, c’était déjà joué.
J’ai pas pu commencer à parler, j’ai pas pu me forcer, je la connaissais, un peu, mais ça me suffisait, je savais que ça n’allait rien donner.

Elle s’est mise à me fixer droit dans les yeux sans s’arrêter puis elle a commencé à l’ouvrir sévère et là j’ai clairement eu envie de me barrer, de la planter là au milieu cette pelouse bien taillée. Elle a guetté mes réactions pour percer le fond de ma pensée et j’ai essayé d’esquiver, d'effacer ma naïveté, sans vraiment y arriver. Plus ça avançait et plus je flippais, j’avais du mal à comprendre ce qui arrivait, sa personnalité, son cynisme aiguisé. J'ai pris un Valium puis je me suis concentré comme j’ai pu pour pas me faire démasquer, pour pas me montrer tel que j’étais. L’exemple type de la futilité, le contraire de la sincérité, il était là, devant moi, à se déverser, à m’observer, ça me gênait. Je savais que tous mes défauts, tous les trucs qui me complexaient, elle aurait fini par les trouver et me les balancer mais que la seule raison pour laquelle elle m’épargnait c’est qu’elle m’aurait bien baisé.
Consommer. Prendre et puis jeter. Rock’n’roll. Pourquoi ne pas en profiter.

Au bout d’une heure et demi j’avais dû dire ce qu’il fallait puisqu’elle m’a laissé partir sans broncher.
Elle n’avait pas bronzé.

16 septembre 2010

ACCESS PRIME-TIME

15h30. Je ne me souviens plus de ma dernière nuit, avec qui j’étais, comment j’étais, la façon dont ça s’est terminé. La seule satisfaction de me réveiller dans mon propre lit se suffit à elle-même.
Le soleil illumine la chambre d’une lumière lassante. La télé est restée branchée sur Direct Star et crache des clips d’un goût douteux. Le sol semble maculé d’une substance blanchâtre que je n’arrive pas vraiment à identifier. Je me dirige faiblement vers la cuisine et examine la pièce d’un regard incertain. Le café est tiède, voir froid mais sa vague odeur de caféine me laisse étrangement sortir un sourire. J’ai le crâne en lambeaux, l’haleine en charpies, à rebuter un scatophile, on dirait que deux yaks népalais ont hiberné entre mes gencives. Heureusement quelques gorgées de Jet 27 suffisent à me donner l’air à peu près présentable.
J’ai beau chercher, aucun indice ne laisse entendre qu’une tierce personne ait enfourché ma bite ces dix dernières heures alors j’écris ces quelques lignes pour satisfaire une envie pressante de jouer à l’écrivain blasé. C’est comme ça, c’est un dû, la liberté de jouir un quotidien qui n’est que le reflet de mon propre idéal. Ne garder que l’indécent pour mieux mépriser le négligeable.
Tout ce qui reste, je le prends entre trois Xanax pour oublier que j’ai du mal à dormir et que ma vie manque cruellement de sexe tarifé.

15 septembre 2010

AVANT/APRES














Avenue Simon-Bolivar, Paris

"Cette photo, je l’ai faite en 1950. J’étais là, dans cet escalier, j’attendais quelque chose, parce que je voulais qu’il y ait un peu de monde qui passe. À un moment donné, j’entends une voix de femme derrière moi, qui parlait à son enfant, qu’elle tenait dans ses bras. J’ai attendu qu’elle me dépasse, et miracle, miracle qui arrive quelquefois dans la photographie : quand elle est arrivée en bas, est passé cet attelage étonnant - car même en 1950 il n’y avait plus tellement d’attelages avec des chevaux. Et ce qui est amusant, c’est qu’il y a en même temps cet ouvrier municipal, qui en train de réparer ces feux tricolores, et des femmes qui promènent leurs enfants dans des poussettes derrière. Et puis le petit cordonnier qui parle avec le client. Et le petit chat noir, en bas de l’escalier. C'est une photo pleine d'histoires."

Willy Ronis

11 septembre 2010

SI

"Je te méprise parce que je peux te baiser, et donc que tu ne vaux pas plus que moi."
C'est arrivé comme ça, sans prévenir, alors que j'étais en train de me curer le nez sur le sofa en matant Premier Amour sur TF1 (oui ça m'arrive). Je viens subitement de comprendre ma manière de me comporter depuis plusieurs années, enfin depuis presque toujours.

Le jour où j'aimerai ma gueule, peut être aimerai-je les autres.
Si j'y arrive.

7 septembre 2010

IL

Il pleut. Même dans mon cœur, il pleut. J’aurais pu faire n’importe quoi qu’il aurait continué de pleuvoir. C’est ainsi, c’est comme ça, comme dirait le Barbier du coin « inutile de regarder le ciel, il n’embauche pas ».
J’aurais voulu partir, aller ailleurs, partout, nulle part, pourquoi pas, que ça ne changerait pas.

Je me rappelle, IL me disait, ou plutôt il ne me disait pas, comment lui il n’avait pas eu le choix. Obligé de fuir, sans avoir même eu le temps de maudire son sort. Certains sont restés, d’autres en sont morts. Morts avec l’uniforme de la honte, celui d’un pays qui n’était pas le leur, malgré eux.
Lui, il avait compris dès le début que ça allait mal tourner, alors un matin d’hiver il était parti. Loin, le plus loin possible, en se disant que tout ça pourrait pas durer. IL ne l’avait jamais regretté. Surtout pas. La fierté d’être français, la vraie, pas celle de ces ramassis patriotiques à la con. Jusqu’au bout, il avait galéré. Jusqu’au bout, il s’était caché, il s'était évadé. Jusqu'au bout il avait tout fait, pour le rester.

Je repense à ça et un long sentiment de dégoût me coule le long de la figure. Face à lui, je ne suis rien, rien qu’un petit mange-merde, rien à côté. Il avait plus de couilles que je n’en aurai jamais. A sa place j’aurais pas osé me barrer comme ça, sans savoir où aller. J’aurais juste été tétanisé. J’aurais juste pleuré dans les jupes de ma mère et prié pour qu’on m’oublie.

Je l’aurais juste porté, moi, l’uniforme de la honte.

Je n’en ai jamais su beaucoup plus. Ses yeux me disaient tout le reste. Un regard simple, innocent, et à la fois d’une immense tristesse. Un regard qui me calmait direct, un regard qui m’emmenait avec lui. Un regard avec lequel j’aurais pu écrire tous les récits du monde.

Quand il était parti, seul, ce matin d’hiver, il ne le savait pas encore, il allait laisser beaucoup de choses derrières lui.
Quand il était parti, il ne le savait pas encore, il n'allait plus jamais vouloir revenir.

Lui était victime de son époque, moi je le suis de ma connerie.

"Tous les matins du monde sont sans retour."

2 septembre 2010

MONOI


"Toi capitaine abandonné, que je t’aime comme un ouragan.
Voyage, voyage, jusqu’aux démons de minuit.
Eve lève toi avec tes yeux revolver, sous le soleil des tropiques je te survivrai."

30 août 2010

CRAQUAGE

Il a dit qu'il venait. 2 fois. Il a dit qu'il venait réparer le parquet, nettoyer toute cette merde, effacer, recommencer. Il a dit que c'était normal, qu'il le fallait, que jamais ça ne tiendrait.
J'ai attendu. Je me suis même levé à 10h du mat pour ça, mon parquet. J'ai attendu. J'ai fait des ronds dans l'eau, j'ai sorti des biscuits pour l'apéro, j'ai même envisagé le Cinzano. J'ai attendu.

Il a dit qu'il venait. Il n'est jamais venu.

27 août 2010

CRUE

Je l’avais pas vue celle là. Une claque. En l'espace de quelques secondes, passé directement du mode festif au stade vomitif. Où comment retomber malade mais cette fois ci volontairement. Le pas titube, le cœur remonte à la surface, on se dirige vers les chiottes et là non, pas moyen, définitivement besoin de sortir dehors prendre l’air.

J’ai gerbé partout sauf sur mes fringues. Pas si torché que ça en fait. Le recoin de la porte d’entrée de l'immeuble haussmannien était à l’écart, au calme, à l’abri des regards indiscrets, j’ai pu espacer mes rejets de plages détente bien méritées. De toute façon dans mon état même les marches d’escalier les plus sordides m'auraient fait l'effet d'un bon matelas Dunlopillo.

Un des ces moments où on est seul, et où on a envie de le rester.

Les lendemains de cuite sont toujours les pires. On a la tête en vrac, l'esprit en chou fleur, le corps en haricot, on erre dans l’appart à la recherche de quelque chose qui n’existe pas, on finie par s'entretenir avec la plante du salon, ou - au pire - par dire bonjour à des gens qui ont des envies d’au revoir.

On parle comme si on avait souffert d’avoir trop existé.

25 août 2010

CANTO

''Je lisais un truc de Mickey Rourke, parce que c'est un gars que j'adore, qui disait que le mec qui s'occupe des oscars est un sac à merde. Je pense qu'Henri Michel n'en est pas loin.''
Résultat: une suspension de 10 mois.
(Photo Christian Rochard, rencontre entre Cantona et Rourke, 23 août 1988)

23 août 2010

DIARY

Avant-hier, 14h: Apparemment ça faisait longtemps que j’en avais réchappé, mais maintenant y'aurait pas moyen de se défiler: « Faudrait que t’ailles voir un psy ». Merde, un blog ça coûte moins cher.
Et ça t’oblige pas à raconter ce que tu n’as pas envie de dire.

Hier, 19h : Déposé dans une sombre gare de province comme un paquet au bord de l’autoroute, livré à moi-même. Une demi heure d’avance, j’avais pas choisi, toujours l’habitude d’arriver au dernier moment à l’arrache. Pas moyen de faire autre chose que regarder les gens sur le quai, à droite, à gauche, au milieu. Partout. J’allais commencer à m’ennuyer quand je l’ai vu. Lui.
« Excusez moi monsieur, vous seriez pas le chanteur d’AqME ? »
On a parlé de tout, de rien, de moi qui appréciait ‘grave’ de tomber sur lui par hasard, de pouvoir lui parler comme ça, de lui qui revenait de vacances avec sa copine, de moi qui appréciait ‘grave’ qu’il revienne comme ça de vacances avec sa copine... Sans déconner, il n'avait jamais vu ma gueule, n’en avait surement rien à cirer, mais a commencé à me taper la discute comme si je le connaissais, et m’a souri comme s’il était content de m’avoir rencontré. Moi de même.
C’est con, il ne saura surement jamais à quel point ça m’a fait plaisir, juste ça, passer quelques instants à tchatcher dans le vide. C’est con, je comprendrai jamais pourquoi j’ai autant de plaisir à parler avec des gens connus. C'est con, les yeux qui brillent comme ça, le truc qui arrive pas tous les jours. Le Star System.
C’est con.

Aujourd’hui, 10h : Je me réveille avec un magnifique temps dégueulasse de Paris. Merde, j’avais oublié.
Pour me distraire un peu, je me retrouve un compte rendu d’un tournoi que j’avais fait y’a déjà presque un an. Puisque je vais le refaire bientôt. Un chouette moment. La classe.

(...) Oui nous avions la classe. Mais ne confondons pas tout, on risquerait de faire un dangereux amalgame entre la classe et la coquetterie. La classe, ce n’est pas de porter pour plus d’une barre de fringue sur soi. La classe pour moi c’est être soudés et rester avec les copains même en dormant/comatant sur une chaise en terrasse comme PAF. La Classe c’est comme Négligeable Indécent rester toute la soirée avec une fille que tu abordes et dont la première phrase c’est « je préfère te dire tout d’suite que si t’espères me niquer, c’est mort », [NDLR : avec Floris on en rie encore]. La Classe c’est de s’être marré comme des enfants le samedi soir malgré nos défaites. La classe c’est d’avoir bien joué et pris, au delà de toute la frustration, beaucoup de plaisir. La classe c’était vous messieurs.
Moi, j’ai pris beaucoup, BEAUCOUP de plaisir.
MERCI.

21 août 2010

VDM COME-BACK

Aujourd’hui c’est les soldes, je rentre dans un magasin et commence à mater tranquillement les fringues quand une vieille vient vers moi et me demande : « Vous l’avez en 38 ? ».
Qu’à cela ne tienne, je décide d’aller à la salle de sport me changer un peu les idées. Arrivé là-bas, à peine ai-je commencé à soulever quelques altères qu'un gars un peu timide et franchement efféminé s'approche et me dit d'une voix suave « Ça fait longtemps que vous venez ici ? ». VDM

22 juillet 2010

ALLER, ON FERME

Même les branleurs ont besoin de repos.
RDV dans un mois.

17 juillet 2010

Pardonne moi d'avoir écrit ça, et pour tout le reste.
Tu n’es pas mon style, mais ça pourrait être pire.
Tu n’es pas mon style, mais tu es une des rares à me faire rire.
Tu n’es pas mon style, mais quand on se comprend j’ai juste envie de te tenir,

Prendre ta nuque dans ma main, te regarder longuement dans les yeux, effleurer tes lèvres, sentir ton souffle partir en couille, te coller contre un mur, mettre ma main sur ta bouche, te dire « ta gueule », t’arracher ta putain de robe sans m’excuser et te baiser à en mourir.

J'ai merdé.

A cause de moi un truc s'est brisé.

14 juillet 2010

10 juillet 2010

UN ETRE ARRIVE, UN AUTRE S'EN VA

C’est l’histoire d’une fille, une fille qui aimait quelqu’un, et qui par faiblesse d’esprit s’est laissée marier un autre. Jusqu’à le haïr.

60 ans plus tard je suis là dans cette chambre froide, avec mon père, les dents serrées, le regard crispé, à lui toucher une main plus froide encore. Les larmes et la morve me coulent le long du visage à en baver sur ma chemise neuve et elle, elle n’est pas là. Ou plutôt chez elle, avec sa chienne, devant sa télé. Comme si de rien n’était.
Je ne sais pas comment je peux encore te parler. Je n’ai rien dit, je t’ai juste regardé, longuement, en silence, d’un regard qui aurait dû te donner honte. Mais au lieu de cela tu n’as fait que baisser les yeux, par réflexe, sans comprendre.

La mort est moche, elle vous écrase, vous broie, vous transforme en vieillard. Vous donne le visage dur, droit, strict, et pourtant apaisé à la fois. Un visage qui semble vous juger d’une manière ou d’une autre. La mort vous décompose, laisse votre corps vide, pâle, sec, comme l’âme de certain(e)s. Comme une vulgaire poupée de cire du musée Grévin.

La mort ne grandie personne, n’apporte aucune vérité, ne révèle aucune grandeur. Elle ne fait qu’enlaidir tout le monde.

L’iPad est beau, la mort est moche.

2 juillet 2010

ELLE

J’ai ouvert la porte et je l’ai vue sur le rebord, l’esprit embrouillé, le regard perplexe. Elle est rentrée sans rien dire et s’est servie cash du whisky qui traînait sur la table. J’avais jamais vu ça. Je l’avais jamais vu tout court. Après 3 verres elle s’est mise à me dire « baise moi », j’ai pas trop compris mais je l’ai fait quand même, puisqu’elle était baisable.

Elle avait l’air de s’en foutre, de le faire parce qu’il le fallait, j’ai pas trop compris non plus. Mais j’ai continué, l’ai laissé faire ce qu’elle voulait, l’ai laissé jouir doucement puis se rhabiller, l’ai laissé partir sans un mot, dans un silence aussi long que ces longs cheveux noirs qui coulaient dans son dos.

Puis un jour je marchais le soir tard dans la rue quand je l’ai aperçue, l’œil hagard, le regard perdu. J’ai senti un frisson, un frisson de remord comme on en a plus. J’ai retrouvé son odeur, sa sueur, ses gémissement retenus. Elle ne m’a pas reconnu. Elle a juste remarqué le premier venu, lui a taxé sa bouteille de vodka et l’a pris par le bras avant de lui dire « baise moi ».

On était le 26, ça je m’en rappelle, parce que c’était le jour où mon coloc avait reçu son déguisement Tortue Ninja.

29 juin 2010

"Le rugby est un sport de voyous pratiqués par des gentlemen, et le foot un sport de gentlemen pratiqués par des voyous".
"Le rock français, c'est comme du vin anglais".
"C'est inutile... donc c'est de l'art"

25 juin 2010

ÉTUDE DE LA LACHETÉ

Ça y est, reparti dans la galère de la recherche de taf. Ce qui me permet d’écrire un peu plus, mais me fait royalement chier. Tout comme ces forums ou rencontres carrières à la con qu'il faut se taper pour démontrer son « incommensurable motivation ». Mon cul.
Je rame, je traîne dans mon appart, je fixe des plans, je zone, je tourne au ralenti et cette inactivité me pourrie la tête. Voilà que j’en arrive à faire le point sur moi-même et j’avoue que se rendre compte de tant de défauts m’est assez désagréable, voir par moments insupportable.

Suite logique à tout ça, se concentrant et donc se repliant sur soi, j’en viens à suffisamment négliger les autres pour me faire taxer d’ignorance extérieure voir de mépris relationnel. Se fermer, se refermer, tel un bouclier, rester hermétique à ce qui se passe à côté ; un réflexe de merde, un réflexe inné, contre lequel il est impossible de lutter. Un trait de personnalité.
Eh oui, forcément, je suis rien qu'un enfant pourri gâté, tout le monde le sait, j’en fais qu’à ma gueule, rien à foutre des gens, rien à branler, aucun effort, aucune volonté.

Spirale infernale d’où j’attends désespérément l’âme charitable (et bien foutue pendant qu'on y est) qui viendra m'enlever, mais j’attends toujours. A moins que je me sorte les doigts du cul et parvienne à m’en tirer tout seul ; ce que, si je tiens encore à garder une once de dignité, je devrais. Néanmoins la redondance d’un certain blocage mental et comportemental semble bien m’en empêcher.


Je crois que j'ai un putain de besoin de quelque chose, mais je ne sais surtout pas de quoi. En attendant de trouver, je vais déjà essayer d'arrêter de me plaindre, de me dénigrer, de voir tout en noir comme la trame de fond de ce blog, ça m’énerve tout autant que vous, non vraiment.
Et pourtant, en constatant tout ça je ne fais que m'enfoncer, une fois de plus.


J’espère que vous avez compris quelque chose, moi pas trop, enfin presque, alors comme dirait Brigitte Fontaine : « je vais m’en aller, boire et fumer ». Pour oublier.

22 juin 2010

Des fois je me demande si je suis profond, tellement je me sens vide.

14 juin 2010

11 juin 2010

FATIGUÉ

Je suis revenu chez moi, voir mes parents s’inquiéter, sans le montrer, et mon grand-père crever, sans encore l’oser.

Mais je suis vite rentré, vidé, interrompant mon coloc qui se faisait sa petite soirée avec la nana qu’il venait de se serrer, italo-monégasque pas assez coincée, un peu trop friquée, plutôt bonne mais regrettablement conne. Je me suis mis à les matter, appuyé sur le rebord de la fenêtre, une bouteille de vin blanc dans une main et une cigarette dans l’autre, l’œil déjà vitreux, le corps engourdi, l’esprit ailleurs puisque ça m’arrangeait. Je les mattais l’air de rien et voilà qu’ils ont commencé à se caresser sévère, les enculés, pas un pour rattraper l’autre, comme si j'existais. Au lieu de faire de même ou de définitivement disparaître dans un reste de décor j’ai préféré me barrer, avec une légère envie de gerber, et une plus grosse envie de me défoncer. Je ne sais pas comment on peut autant les détester.

Une fois on m’avait dit que j’étais flippant à sans cesse observer en silence sans l’ouvrir. J’avais aimé ça, rester impénétrable, ne pas laisser transparaître la moindre de mes pensées, rendre mal à l’aise en ne faisant que regarder.
J'avais aimé ça, jusqu'à ce qu'on finisse par m'ignorer.

Minuit passé, j’ai toujours cette bouteille de vin blanc dans une de mes poignées, et dans l’autre un Dell Inspiron 6000 sur lequel j'essaye de taper. Je suis là, bien coiffé, à moitié fait, correctement cultivé, et j'entends des petits bruits douteux s'échapper de la chambre d'à côté.
J’aurais peut être dû le fracasser, qui sait.

5 juin 2010

LUI

Il s'est posté dans cette rame de métro bondé. Il s'est dit que c'était bien, habillé en costard, que ça attirait le regard.
Il les a regardé tous parce que maintenant il le pouvait, installé dans son habit de lumière, costumé tel un homme d'affaire, le regard hautain, l'oeil fier. Il les a regardé parce qu'il s'est dit que désormais ils étaient tous les mêmes et qu'il était lui différent. Mieux. Tellement.

Erreur.

Quand je bois j'ai une putain d'envie de baiser, ça se voit trop dans mes yeux.

4 juin 2010

16h55 : "Tu peux venir en salle de réunion ?"
17h05 : "T'es viré. Tu peux prendre tes affaires."

Je ne sais pas d'où je viens, je ne sais pas où je vais.

27 mai 2010

PARIS

C'est vieux, c'est rien, ça ressemble à rien, mais ça vient de loin.

L'important c'est de rêver.


Revenir vers Paris, se laisser distraire, satisfaire par cette industrie du pire.
Y revenir, y faiblir, y faillir, encore.
S’y jeter, s’y perdre à corps perdu,
S’y caresser, s’y fracasser à demi-nu.
Se regarder tomber, plonger, sombrer à son insu.

Paris sans filets, Paris sans lueurs auxquelles s’accrocher.
Paris et ses murailles, Paris et ses tenailles,
Paris et sa misère, Paris et ses frontières, invisibles.
Paris noyé dans l’immense, Paris baigné d’insolence, teinté d'innocence.

Paris au fond du ventre, Paris dans ton entre
Je me vide de mon encre.


"Comme elle est belle ma ville et ses lumières,
Seulement pour les fous.
Celui qui veut, se la découpe en tableaux.

Et si tu peux te perdre, du côté du fleuve,
Lui il te calmera jusqu’à ce que tu ne puisses plus jamais,
Jamais respirer"

22 mai 2010

EXTRAIT

"Un soir je suis assis sur le lit dans ma chambre d'hôtel sur Bunker Hill, en plein coeur de Los Angeles. C'est un soir important dans ma vie, parce qu'il faut que je prenne une décision pour l'hôtel. Ou bien je paie ce que je dois ou bien je débarrasse le plancher. C'est ce que dit la note, celle que la taulière a glissée sous ma porte. Gros problème, ça, qui mérite la plus haute attention. Je le résous en éteignant la lumière et en allant me coucher."

20 mai 2010

VOLTE-FACE

C'est en m'envoyant droit dans la gueule que j'étais un looser que j'ai compris que je pouvais être un gagnant. Y'a comme une logique dans tout ça.
Les joies du monde professionnel, allez savoir.

Je vais avoir moins de temps pour rêver, pour errer, et plus pour m'affirmer, pour écraser. Comme s'il le fallait.

Mais je vais essayer de ne pas vous négliger.

14 mai 2010

ERRANCE

Je rentre tard. J'aime ça, me balader la nuit, dans les rues désertes, remplir le vide. Une lumière blafarde, des allées profondes, indécises, imprécises, l'impression de se perdre dans une nuée d'étoiles, de s'approprier la ville, de sentir sa présence, de la posséder en silence.
Je bosse pas mal et je commence à aimer ça. Je débloque grave. Ou je prends le plis. Formatage de gueule en bonne et due forme, sacrément influençable le mec.
Mes plages de loisir alternent désormais séances de wii et allées et venues sur youporn. Je sélectionne que les 'Homemade', tellement plus vraies, tellement plus bandantes. J'y navigue distraitement comme un gamin zappant entre Gulli et Disney Channel. Curiosité légitime où comment étudier les différences entre l'étudiante américaine, la pute vietnamienne, la secrétaire ukrainienne, l'épouse iranienne.
Intéressant.
Je mate ça et puis je me dis qu'il y a mieux à faire, sûrement. Qui sait.
Je sais pas pourquoi, j'ai toujours cette impression que les gens sont constamment en train de faire des trucs plus importants, plus enrichissants, plus fun que moi. En un mot que leur vie a plus de valeur que la mienne.
C'est con.

On ne devrait pas commencer un vrai job quand on est célibataire. C'est encore le plus sûr moyen de le rester.

8 mai 2010

SEUL

Je commence à disparaître. Définitivement. Comme une bamba triste.
Je m’en doutais un peu.

Je erre dans le vague de l’âme, je me perds dans le néant, je m’écarte peu à peu du monde sans même m’en rendre compte.
Pas envie de parler à personne. Pas envie d’écouter. Ma colloc au téléphone : « Chéri j’ai envie, si tu veux on le fera par le 2ème système ».

Tapis dans l’ombre, dans le fin fond de ma torpeur, je capte son signal comme un vieux transistor brouillé.

J’ai faillis bander.

6 mai 2010

Factotum

2 mai 2010

JE, ENCORE

J’écris, j'écris dans le moment, dans l’urgence, dans l’errance, avec mon cœur, avec mes tripes, avec mes innocences. Comme dans cette rame de métro trop bondée où j’essaye tant bien que mal de me cacher pour prendre ces quelques notes hachées sur un petit bout de papier. J’aimerais pouvoir vous marquer aussi fortement qu’ensuite vous m’oublierez, mais pour donner le change je me contente d’agrémenter ça et là mes textes de rimes et il faut avouer que c’est bien pitoyable.

J’écris parce que j’en ai le temps. D’ailleurs à ce sujet, une fois n’est pas coutume, je citerais Beigbeder qui, lorsqu’il n’a pas le nez dans la poudre, peut nous pondre certaines vérités :
Être seul est devenu une maladie honteuse. Pourquoi tout le monde fuit il la solitude ? Parce qu’elle nous oblige à penser. De nos jours, Descartes n’écrirait plus « Je pense donc je suis.» Il dirait « Je suis seul donc je pense. » Personne ne veut la solitude, car elle laisse trop de temps pour réfléchir. Or plus on pense, plus on est intelligent, donc plus on est triste.

J’écris avant tout parce que j’en ai enfin eu le courage.
Fuir, c’est jusqu’à présent tout ce que j’ai fait dans ma vie. Je n’ai fait que suivre les lignes établies, même si parfois elles ont pu être sinueuses, mais je les ai suivies. Je n’ai jamais osé les sorties de route, de peur de m’écraser froidement contre un arbre. J’ai roulé pénard en voiture en électrique en voyant lentement se défiler le fil de mon existence.

C’est un fait, j’écris pour me mettre en danger.


« L’écriture a encore une fois été la plus forte. Je la déteste et en même temps je l’adore, quand je la mérite. »

27 avril 2010

PA/MOI/PA

Hier je suis tombé sur une photo de mon père au même âge, et je me suis rendu compte qu'il était vraiment beau gosse. Pas étonnant qu'à l'époque il était déjà marié.

Parfois j'ai l'impression d'être comme lui, en moins bien.

23 avril 2010

JE

J’écris. J’écris ma vie. J’écris ce que je suis. J’écris parce que c’est le seul moyen de raconter à tout le monde ce que je ne dirai sûrement jamais à personne.

Je vous laisse rentrer dans ma tête, essayer de comprendre ce qui s’y passe, fouiller dans les moindres recoins les morceaux de connerie humaine, les relents d’ignorance, les bribes d’incohérence, les restes d’arrogance. Tout ça n’a pas d’importance.

Tout ce que vous lisez, c’est ma façon à moi de hurler dans le vide. Tout ce que vous lisez, c’est ma façon à moi de cracher ma bile. Tout ce que vous lisez, c’est ma façon à moi de montrer que je suis aussi anormalement torturé à l’intérieur que cruellement banal à l’extérieur.

Tout ce que vous lisez sur moi, vous n’en avez sûrement rien à foutre.
Mais quand même un peu. Puisque vous me lisez.

21 avril 2010

17 avril 2010

J'ai trouvé un taf. Un vrai. Pour de bon.
Bienvenue dans le monde réel.

14 avril 2010

TOUT FAUX

J'ai du mal à comprendre mes sentiments, d'ailleurs je ne vois pas pourquoi ils devraient avoir un sens.
J'ai passé 6 mois avec une furieuse envie de me mettre avec quelqu'un, sûrement trop, et maintenant je ne veux plus voir personne.

Pourtant je n'en ai jamais rencontré autant, des personnes. L'indifférence doit susciter l'attirance, le rejet provoquer l'intérêt, à ce qui paraît.
CQFD.
J'ai appris à ne plus rien ressentir, à esquiver, à oublier, la peur, le stress, la déception, la dévalorisation, la nécessité. La responsabilité. J'ai appris à changer le jeu, à combler le rien, à m'acclimater à un nouveau mode de vie, à être caustique aussi.

Je dois devenir un homme.
Rien à foutre.

12 avril 2010

CA ME DIT

Un samedi.
Une nana draguée sur le net. Sympa en vrai, moche en vérité. Une esquive à deux balles pour s'éclipser. Un coup de fil inespéré. Un bon plan proposé. Une soirée improvisée. Une choppe mal assurée. Une fille faussement bourrée. Puis en deux secondes, complètement zappé. Une grosse bitch en réalité. Coutumière du fait selon les habitués. L'affiche dans toute la boite, à assumer. L'envie de gerber, l'envie se faire oublier, l'envie de se barrer. Une amie croisée là, avec les mots qu'elle a su trouver. Une seconde opportunité. Une seconde choppe presque finalisée. Une meilleure fin de soirée.
Une journée où tout et rien s'est passé. Une journée faite de joie et de tristesse entremêlées. Un sentiment étrange d'amère perplexité.
J'ai merdé.
Un numéro à récupérer. Une date à planifier.
Un samedi.
...

10 avril 2010

6 avril 2010

SANS

Longtemps que je n'étais pas rentré chez moi. Trop. Je me sens de plus en plus un étranger dans mon propre village. Celui où j'ai pourtant grandi, celui où j'ai pleuré dans les jupes de ma mère pour ne pas aller à l'école, celui où j'ai fumé ma première clope avec les copains, celui où j'ai embrassé ma première fille dans les coins.
Les lieux sont devenus anonymes, les rues vides, les gens différents, les souvenirs lointains. L'impression de basculer dans une autre dimension, d'avoir vécu là dans un autre vie, d'y avoir été transporté dans l'oubli.

Je tombe sur ces photos de classe et un long sentiment de nostalgie s'empare de moi, le coeur se serre à m'en étouffer la gorge, me noue littéralement les tripes. Tous ces visages me semblent amicaux, ils me sourient à travers les années, ils font des doigts au présent. Je gomme le passé et ne retiens que les moments heureux. Les humiliations, les hontes, les ressentiments, je les ai envoyé se faire foutre. Le temps efface tout, c'est la censure, le comité de contrôle du souvenir, il te refait une virginité mémorielle.

On était si bien, tout était si simple, si cool, si tranquille. La bonté de l'ignorance, la joie de l'enfance. J'en chialerais presque.
Je me réinvente mon adolescence le temps d'un soir. Je me refais mes films. Ce que j'aurais aimé pouvoir faire alors. La première pelle glamour que je n'ai pas roulée, la première copine du lycée que je n'ai pas eue, la première fois mineur que je n'ai pas faite, la première ptite copine que je n'ai pas présenté à mes parents, la première lueur de fierté masculine que j'ai pas vue dans les yeux de mon père...


Il y a quelques temps de cela, je me suis enfoncé comme jamais, je n'arrivais pas à chopper de travail ni de nana et je focalisais sur tout ce que j'avais foiré. J'avais l'impression que ma vie n'avait été qu'une succession de rendez-vous manqués, de possibilités non exploitées, de manques de volonté. J'avais surtout le sentiment de n'avoir réussi qu'une seule chose, mes études, et d'avoir sacrifié une partie de ma jeunesse pour ça.

Je n'avais en fait rien sacrifié : je n'avais fait que suivre ma destinée, celle de m'éloigner des femmes au fur et à mesure que je m'acharnais à m'approcher de la réussite des Hommes.

1 avril 2010

Plus je fais d'entretiens d'embauche et moins j'ai envie de me rebeller contre le système.
Le mirage de la richesse.
Franchement, je me dégoûte.

30 mars 2010


Je suis un fils de bourges qui ressemble plus à un immigré albanais qu’à un minet du 16ème. Je suis un faux mauvais garçon, un vrai faux rebelle, la fausse tentative de subversion de l’étudiante parisienne le temps d’une soirée, le rail de coke factice qu'on n'ose pas prendre.

Si elle avait su qui j’étais réellement, elle ne m’aurait pas laissé fourrer ma langue dans sa bouche aussi vite et je l’aurais ramené au pieu à coup sûr.

27 mars 2010

OUBLI

C’est marrant comme certaines choses semblent mourir plus vite que d’autres. On y accorde moins d’importance et leur souvenir vient lentement s’évanouir dans un long silence bien ombrageux. On a fait le tour, on marche dans le noir, seul, seulement éclairé par cette lumière d’une humeur très lointaine. Le bruit s’estompe, le souffle enfle, la tête nous immole, tout court, on s’enfonce dans la mélancolie tant qu'on s'y lance. On faute.
L’oubli nous enveloppe sourdement comme quand on a trop souffert d’avoir trop pensé.

25 mars 2010

UN PETIT CAFE ?

24 mars 2010

EPISODE 2

NI: Ecoute je t'en veux pas pour le silence radio, c’est comme ça, moi-même il m’arrive de changer d’avis tout le temps sans trop savoir pourquoi alors y’a pas de soucis je comprends très bien, question de feeling.
En tout cas ça aurait été sympa qu'on se dise au revoir, et aussi que tu me répondes, ça fait toujours plaisir...

Elle: Tu veux que je réponde quoi? Merci, c'est ca? Ba merci alors

NI: Je sais pas, ce que tu veux, enfin un truc en rapport avec mon message quand même, parce que là je vois pas très bien pourquoi tu devrais me remercier, enfin bon.
Ce que j'aimerais juste te faire comprendre c'est que c'est pas si difficile que ça de répondre non, ça sera toujours plus apprécié que de répondre que dalle, ce qui signifie en gros "j'en ai rien à foutre de ta gueule", enfin si tu vois ce que je veux dire.

Elle: Oh excuse moi, je me suis fait agresser la semaine derniere, alors j'avais pas envie de repondre a mes putains de mails, j'avais pas que ca a faire.

NB: toute ressemblance avec des faits réels etc etc...

22 mars 2010

Je peux être l'homme le plus attentionné qui soit.
Et aussi la plus grosse ordure.

19 mars 2010

18 mars 2010

A L'ENVERS, A L'ENDROIT

Je vais bien et semble bizarrement m’en accommoder. Pourtant je sais que ça ne durera pas.
Je suis constamment sur la corde raide, sur le tranchant de la lame, je sens qu'à tout moment tout peut basculer. D'un coup. Net. Clair et limpide.
Je jongle avec l'abîme, le long du précipice, la fosse est là béante et je la nargue encore de mes regard vides et apeurés. Quand viendra t il ? Bientôt, plus tard, demain peut être. Qui sait. Pas pressé celui là. Il doit pourtant être quelque part, confiant, tranquille, fort, sûr de lui, et à la fois impatient de me voir sombrer.

Aussi longtemps qu'il m'en souvienne, j'ai toujours eu le sentiment d'être en danger, d'avoir des choses à prouver, des objectifs à réaliser. D'avoir dans la vie plus à perdre qu'à gagner.
Ma fragilité m'explose tous les jours à la figure. Vrai. Elle me fait passer de l'extase au désespoir en moins de deux, ça pétarade de partout, à droite, à gauche, dans tous les coins, un feu d'artifice intérieur. Un visage lisse à l'extérieur. Un combat de chaque heure. C'est comme ça, c'est un fait, on s'habitue : qu'est ce qu'on y peut ?

Quoi qu’il en soit j'ai parfois cette lancinante envie de hurler à m’en arracher la gorge, de me défoncer la tête à n’en plus savoir qui je suis, de dégueuler à m’en faire chialer comme un merde. Parce que c’est mal, parce que ça fait du mal, mais aussi parce que ça fait un putain de bien.

Allez savoir pourquoi.

15 mars 2010

EXTRAIT(S)


"Il était malade cet enfant pour un oui, pour un non, et quand il était malade, le grand-père, la grand-mère, la mère pleuraient ensemble, énormément, et surtout parce qu'il n'avait pas de père légitime. (...)
Le père, celui qu'on croyait du moins, il était bel et bien parti pour toujours. On lui avait tellement parlé de mariage à cet homme, que ça avait fini par l'ennuyer. Il devait être loin à présent, s'il courait encore. Personne n'y avait rien compris à cet abandon et surtout la fille elle-même, parce qu'il avait pris pourtant bien du plaisir à la baiser."


"La grande fatigue de l'existance n'est peut être en somme que cet énorme mal qu'on se donne pour demeurer vingt ans, quarante ans, davantage, raisonnable, pour ne pas être être simplement, profondément soi-même, c'est à dire immonde, atroce, absurde. Cauchemar d'avoir à présenter toujours comme un petit idéal universel, sur-homme du matin au soir, le sous-homme claudiquant qu'on nous a donné."


"Le coeur à soi quand on est un peu bu de fatigue vous tape le long des tempes. Bim ! Bim ! qu'il fait, contre l'espèce de velours tendu autour de la tête et dans le fond des oreilles. C'est comme ça qu'on arrive à éclater au grand jour, ainsi soit il ! Un jour quand le mouvement du dedans rejoint celui du dehors et que toutes vos idées alors s'éparpillent et vont s'amuser enfin avec les étoiles."

11 mars 2010

LA

Je me suis toujours méfié des filles belles. Elles vous renvoient votre laideur. Les gens moches me donnent souvent l'impression d'être plus intelligents, plus sensibles, plus compréhensifs. Peut être parce qu'ils en sont obligés, peut être parce que leurs blessures cachées leur ont fait échapper à la connerie, peut être parce qu'ils se sous estiment assez pour estimer les autres... Quoi d'autre ? J'en sais rien.

A chaque fois quand je prends le métro les grosses bonasses font exprès de s'asseoir à côté de moi. Sciemment. Bien fait pour ma gueule.
On dirait qu'elles se sont données le mot pour me faire baver. Je suis là à côté, faisant semblant d'en avoir rien à foutre, je peux sentir leur odeur, les entendre respirer, m'ignorer, et je ne me sens jamais aussi impuissant.
Aussi près, et tellement loin à la fois.

Je me suis toujours senti laid.
Je me suis toujours méfié des filles belles.

8 mars 2010

On peut disparaître ici sans même s'en apercevoir

5 mars 2010

PS

Elle s'est assise en face de moi et elle a commencé à me regarder de travers. De partout. Elle a baissé la tête et s'est mise à relire mon CV comme si elle lisait le manuel de montage d'un meuble Ikéa, les yeux rivés sur la notice et l'esprit perplexe.
Elle n'a pas dit grand chose. Juste un: "Comment ça se fait que vous ayez candidaté chez nous ?"

Je n'ai pas haussé la voix, j'ai juste compris tout de suite que ça n'allait pas le faire.

3 mars 2010

1 mars 2010

REDITES

Il y a différentes façons de raconter une histoire. En voilà une autre.

Ma première fois c’était avec une nana de 10 ans de plus. Elle m’avait invitée chez elle et m’avait fait à bouffer et je me demandais bien si j’allais la baiser.

Quand on s’est embrassé sur le canapé, j’étais déjà hyper pressé et à peine avais je glissé ma langue dans la sienne que j’essayais déjà de lui caresser la chatte mais ses collants m'en barraient matériellement l'accès.

Elle a fini par comprendre où je voulais en venir alors elle m’a emmené direct dans sa chambre. Je lui ai enlevé un à un ses vêtements tout en en gardant au début quelques uns des miens parce que j’avais pas trop l’habitude de me foutre à poil devant un personne que j’avais vu seulement 2 fois dans ma vie.
Comme elle pensait, à tort, que j’avais déjà pratiqué, elle m’a laissé mener le jeu. Vu que comme préliminaire je voyais aucune autre solution que lécher le petit minou qui s’offrait à moi, c’est que j’ai fait. Sa toison pubienne n'était pas entretenue et ça m'a un peu dégoûté mais j'ai continué. Au bout d’un certain temps j’en ai eu assez alors j’ai fini par mettre la capote qu’elle me présentait et je me suis introduit en elle un peu maladroitement.
Je me pensais pas particulièrement spécialement membré, mais j’ai bien failli le croire quand j’ai eu du mal à la pénétrer.
- « Oui je sais je suis étroite.
- Ah OK »

Au bout d’un laps de temps trop court j’ai fini par jouir. Par chance ça ne l’a pas trop vexée, d’ailleurs pour elle ça n’a pas changé grand-chose puisque j’étais tellement excité qu’au bout de 5 min j’étais prêt à remettre le couvert.
Au début elle a dû me branler un peu pour que ça redémarre mais ensuite je lui ai fait du ça-va-ça-vient pendant près d'une demie heure avant de refaire mon affaire.

Une fois fait, elle semblait plutôt contente mais pas rassasiée puisqu’elle s’est mise à se caresser devant ma figure alors que j’étais tranquillement allongé sur le lit en phase de débandage total.
Après elle m’a serré aussi fort que possible, moi et ma bite molle dans son bout de plastique maculé de blanc, comme si j’étais la peluche qu’elle pressait contre elle pour s'endormir quand elle était petite.

Finalement je me suis détaché, j’ai récupéré les fringues éparpillées dans la pièce, je me suis rhabillé en lui tournant le dos parce que j’étais un peu gêné qu’elle me regarde comme ça puis j’ai refermé soigneusement la porte derrière moi.

24 février 2010

ID

22 février 2010

VIDE

Il est tard. Ça fait longtemps que je ne me suis plus bourré la gueule. J’en ai perdu le goût, la saveur.
J’ai bien essayé, mais l’alcool ne me fait plus les mêmes effets. Quel effets. Tout s'est barré. Ça doit aiguiser les sens, vu que je les ai envoyé se faire limer par l'absence.

Plus je ne fais rien, plus je ne bosse pas, plus je ne bois pas, plus je ne baise pas, plus j’en ai plus envie. Moins d’envie = moins de ressentiment, anesthésie à petit feu, insensibilité graduelle, imaginaire en suspens, vide chronique.
Au moins on ne se fait pas de bien donc on ne se fait pas de mal.

J’ai oublié de me branler.

20 février 2010

"Vous savez, vous n'avez pas besoin d'être désagréable pour paraître intéressante."

C'est ce que j'appellerais la phrase remède contre la parisienne coincée du cul.

19 février 2010

QPUC


Je suis allé sur le plateau. Pour de vrai. Voir un pote se fourvoyer là dedans comme une assistante sociale dans un maison de retraite.

Nous rentrons comme nous voulons, c'est journée 'portes ouvertes', ou plutôt jour de fête nationale de constater l'arrivée d'une dizaine de personnes de moins de 35 ans. Nous nous installons, nous ne bougeons plus pendant plus de 4 heures, on bloque devant l'entrée triomphale de Julien Lepers et sa diction parfaite, puis on sombre peu à peu dans une léthargie complète, seulement entrecoupée de quelques "4-à-la-suite!" lâchés dans la nuit.
Le jeu stoppe presque toutes les 30 secondes, problème buzzer, problème régie, Julien mal coiffé, problème retour, etc. Le temps s'arrête, le temps passe, le temps nous fait des doigts, le temps se fait la malle. Le chauffeur de salle craque et nous refait 10 fois les mêmes blagues : "Mesdames et messieurs je vais vous demander d'applaudir Julien comme il se doit, Julien Lepers c'est l'une des plus grandes carrières de l'audiovisuel, 20 ans de France 3, 30 ans de RMC, 70 ans de RTL, alors applaudissez bien fort pour lui ! Eh oui Audika ne peut pas tout", "Regardez Julien, il met son pantalon de costume comme Jean Gabin dans Pépé le moko", "Julien il aime bien les flagorneries, les flatteries... les flatulences aussi".

Une vieille interpelle le présentateur star, elle a retrouvé un de ses vieux 45 tours "Pour le plaisir" et veut un autographe. Julien s'arrête, semble visiblement touché, puis repart en lui promettant un "Plus tard mamie".
"Oh il fait un peu star" lance alors une autre, chose que le chauffeur de salle s'empresse de répéter à toute l'assistance.

Je débloque, je cale, je plonge dans l'irréel. C'est le pays des Bisounours.

17 février 2010

LES CRIS


Il y a longtemps de ça j'ai écris une dizaine de pages. D'un trait.
Puis j’avais laissé les choses là, je ne sais plus trop pourquoi. Ces quelques lignes étaient déjà pour moi un exploit alors j’avais dû me lasser.

Mais j’avais laissé la trame suivante:

Histoire : un peu de drogue, soirées, quelques choppes, je voie une pute, un pote meurt (le gars dont je suis le plus proche) accidentellement (noyé bourré) -> discussion à l’hôpital. La pute veut se barrer mais se fait tabasser. Une choppe (que je laisse comme une merde) me dit mes 4 vérités. Je matraque son petit mac parce que j’ai un peu changé (inconscient, je lui marque « je suis une pute » sur le front au marqueur indélébile). J’arrête les putes et me trouve un copine (mais n’arrête pas l’alcool ni la drogue et de sécher les cours).

Devant tant d’inventivité, je crois que j’avais finalement bien fait d'en rester là.
Ou peut être bien que c’est moi qui me plante.

15 février 2010

INVASION NOCTURNE

Y'a Kathy des Plasticines qui se déhanche et j'ai une furieuse envie de me la taper.
Mais pourquoi je mate Taratata.

12 février 2010

OUI

10 février 2010

INTERFERENCES

Marre des discussions pour rien, de ce vide ambiant, de ce non sens courant. Je prends tout à coup conscience, à mon grand étonnement, du formidable ennui des conversations convenues. Une claque en pleine gueule, un éclair de lucidité sûrement.

En fait on est tous des putains de trouillards des mots. OU des putains de trouillards tout court. Les premières choses sur lesquelles on parle sont souvent les mêmes, le boulot, d'où on vient, le pote qu'on a en commun, à la limite (touche suprême d'originalité) la dernière vidéo marrante sur youtube, etc... Puis quand le stock est épuisé, interférences, problème de connection, parasites, rupture de faisceaux. Rideau, circulez y'a rien à voir. On sèche. La page blanche. On sait plus quoi dire alors on est là comme un con, à bredouiller 2 mots inaudibles tout en baissant la tête, et on essaye comme on peut de passer à autre chose afin de faire cesser au plus vite ce léger sentiment de mal à l'aise.
Alors on zappe, aussi sec, sans même savoir à qui on a eu affaire.

On dirait qu'on joue tous au jeu du "comment parler le plus en t'en disant le moins". On flippe tous tellement sa race de dire vraiment ce qu'on pense, ce qu'on est, ce qu'on a au fond de soi, qu'on excelle dans la langue de bois. Comme des putains de politiques. Voilà c'est ça qu'on est devenus, des putains de politiques. Ce bal de la flippe et de l'image zéro défauts qu'on s'inflige m'exaspère. On avance tous masqués, on s'épie, on s'observe, on se croirait à Venise. Sauf qu'on enfile tous le même déguisement grisâtre qu'on semble prendre pour une belle armure bien épaisse, bien protectrice, bien brillante, et qu'un beau jour on se demande depuis quand on porte ces vêtements ternes et dégueulasses.
On est tous devenus lisses, sans reliefs, on s'est vidé peu à peu de notre substance pour ressembler à des coquilles vides sans même s'être gavé de prime-time à la sauce TF1.
Pas besoin de perfectionner les techniques de clonage, on s'est déjà cloné nous même.

Ainsi chaque parole un peu profonde qu'il nous arrive d'entendre devient presque parole d'évangile, miracle permanent. Et les rencontres relèvent finalement la plupart du temps du mirage : on a les personnes en face de soi, on peut presque les toucher, puis elles s'évanouissent dans l'oubli comme dans un mauvais rêve.


J'aurais eu envie de te connaître mais tu ne m'en as pas laissé le temps. Tu as fait comme tout le monde, c'est à dire rien. Que dalle à base de mots. J'en étais bien désolé et tu ne t'en es même pas rendu compte.


Je tombe de moins en moins amoureux, mais je commence à comprendre pourquoi.